Mardi 29 mai 2018 — Dernier ajout lundi 4 juin 2018

30 ans déjà ! À Pabu, le souvenir du Père Médard (1908-1988) Enregistrer au format PDF

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Voilà 30 ans que le père Médard (1908-1988) nous a quittés. Capucin à Guingamp, grand prédicateur en français et en breton, ce léonard a laissé une œuvre considérable en langue bretonne dont il était un fin connaisseur. Au lycée Notre-Dame dont il fut l’aumônier, il a laissé le souvenir d’un religieux ouvert à tous. La paroisse de Guingamp lui a rendu hommage le samedi 5 mai 2018 par une célébration bilingue à l’église de Pabu, suivie d’une prière et d’un dépôt de gerbe sur la tombe des capucins, en présence de Pierre Saliou, maire. Merci à Mikel Korle, qui fut à l’origine de cette initiative, de nous avoir donné l’évocation qui suit. Le logo de cet article est extrait de la couverture de « Père Médard, redites-nous encore » (photo Bernard Trontin). Cliquer sur les photos pour les agrandir.

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Une cérémonie à la mémoire du Père Médard

Une célébration a eu lieu le samedi 5 mai à l’église de Pabu, suivie d’un dépôt de gerbe de camélias sur la tombe des frères Capucins au cimetière.

Dépôt de gerbe de camélias au cimetière de Pabu -  voir en grand cette image
Dépôt de gerbe de camélias au cimetière de Pabu

Si le couvent de Park-Marvailh est maintenant fermé depuis quelques années, la mémoire des Capucins à Guingamp ne doit pas tomber dans l’oubli. C’est en 1965 ou 86 que j’avais enregistré une émission de radio dans laquelle le père Médard répondait à Fañch Broudic en breton sur RBI (Radio Breizh-Izel). À la demande de Mgr Moutel, la langue bretonne a repris sa place à RCF, la radio diocésaine, depuis septembre 2016. L’émission « Klev’ta » est animée par Ifig Guillou, J. Philippe et moi-même. Celle qui fut diffusée le 5 décembre 2017 a été consacrée au Père Médard ; elle est comme toutes les autres disponible en podcast. Des témoignages, des anecdotes concernant le père capucin, sa vie, son œuvre de prédicateur, d’écrivain, sa voix dont beaucoup se souviennent encore.

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Capucin, proche des pauvres

Jacques-Marie Dourmap est né en 1908 à Lanarvilly dans le Léon, dans une famille de pauvres métayers. Après des études à Lesneven et au Grand Séminaire de Quimper, il est ordonné prêtre en 1934. Il fait alors le choix d’être capucin, sur les traces de saint François d’Assise, et prend le nom de Tad Medar. À Roscoff il devient responsable de la revue Ar Vuhez Kristen (La Vie Chrétienne), éditée et écrite par les moines en breton, sous la direction du père Ujen. Chargé de la CPMI (Centre des missions) pour la France, il occupa cette fonction jusqu’en 19 6. À la demande de son ami originaire lui aussi de Lanarvilly, Mgr Urbain Person, évêque de Cyme (Éthiopie), il devint son secrétaire lors du concile Vatican II (1962-1965). Le père Médard était favorable aux changements que le concile insufflait à l’Église.

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Aumônier au Lycée Notre-Dame de Guingamp

En 1970, il devint aumônier de l’Institution Notre-Dame de Guingamp. Là il mit sur pied les Gospel, soirées de célébrations liturgiques festives animées par des chants inspirié par les Negroe Spirituals américains.

Le père Médard était toujours à l’écoute des élèves. À la Fraternité des Malades (Saint-Laurent-de-la-Mer)il se consacra à apporter du réconfort à celles et ceux qui souffraient. An Tad Medar a aussi beaucoup écrit en breton, son œuvre allant de Fatima (1943), à Diwar c’hoarzin (1945), An Tri Aotrou (1981), Paotred an Ognon (1986), sans oublier sa collaboration à des revues bretonnantes. Il écrivit aussi, en français, dans La Vie Diocésaine de Saint-Brieuc et Tréguier et dans des revues franciscaines. Il figure en bonne place dans Geriadur ar Skrivagnerien ha Yezhourien (Dictionnaire des écrivains et grammairiens bretons) de Lukian Raoul (Al Liamm, 1982).

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Ami du patrimoine

La bonté, la tendresse, l’humilité du père Médard font que, trente années après son décès le 3 mai 1988, il n’est pas oublié. À Gurunhuel, on se souvient aussi qu’on lui doit le sauvetage de la croix « Salud Bulad ». Jean-Paul Rolland précise : « Sur les 7 croix qui annonçaient aux pèlerins venant des 4 points cardinaux que la cité mariale de Bulat ne se trouvait qu’à une lieue, seule celle appelée Kroaz Salud Bulad a été sauvée des bulldozers, lors de la réfection de la route Guingamp-Carhaix. En 1955, elle fut sauvée de la destruction par le père Médard, capucin, qui la fit transférer à Park Marvailh [communauté des Capucins à Pabu]. Puis, en 1985, le maire de Gurunhuel, Albert Stéphan, la it transporter et remonter à sa place d’origine. »

Ainsi, An Tad Medar fut aussi un ardent défenseur du patrimoine religieux, dont nos paroisses sont si riches.

Voilà en quelques lignes plein de bonnes raisons d’avoir honoré la mémoire de Jacques-Marie Dourmap, An Tad Medar, et celle des autres Capucins, ses frères…

Loeiz Ar Floc’h (abbé Louis Le Floch, l’écrivain Maodez Glandour), curé de Guingamp en 1940, écrivait, dans la préface de Diwar c’hoarzin : « Ar c’hoarzh-se, tad Medar, eo an hini a ouzoc’h ken mat ober gantañ, an hini a lak ac’hanomp trec’hourien gant ar C’hrist. D’ho levr eta da skignañ, ma splanno en-dro e Breizh yec’hed ar spered ha flamm ar galon. Da Vreizh nevez levenez ! » (Ce rire, père Médard, est celui dont vous savez si bien faire usage, celui qui nous rend vainqueurs avec le Christ. Que votre livre se diffuse donc, pour que rayonne de nouveau en Bretagne la santé de l’esprit et la flamme du cœur. Joie pour la Bretagne nouvelle !) Mikel Korle

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Skouer an tad Medar / L’exemple du père Médard

Voici, en complément de l’article de Mikel Korle (Michel Corlay) la conclusion de l’homélie prononcée par Jef Philippe, diacre, qui a présidé la célébration à l’église de Pabu, et qui a bien connu le père Médard.

« Skouer an tad Medar a chom ganimp evit broudañ ac’hanomp da stourm, ni ivez, evit an eëunder, ar justis, justis evit an dud paour, laosket a-gostez, justis ivez, ’veljust, evit ar broioù bihan gwasket gant broioù kreñvoc’h… Justis evit hor bro, hor yezh… »

L’exemple du père Médard demeure pour nous aiguillonner au combat, nous aussi, pour l’équité, pour la justice, justice pour les pauvres, les délaissés, justice aussi, évidemment, pour les petits pays dominés par de plus grands qu’eux… Justice pour notre région, notre langue…


Jezuz a lar dimp emaomp war un hent diaes : atav e vez koustus mont da heul Hor Salver. Met gouzout a reomp ivez ec’h eo Jezuz en deus trec’het war an droug, war ar marv. Gantañ, drezhañ e vimp trec’h ni ivez. Aze emañ bepred hon esperañs.


Jésus nous dit que nous sommes sur une voie difficile : il en coûte toujours d’aller à la suite de Notre Sauveur. Mais nous savons aussi que Jésus a triomphé du mal, de la mort. Avec Lui, par Lui nous serons vainqueurs nous aussi. C’est en tous cas notre espérance."

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Œuvres du Père Médard

Tad Medar : levrioù e brezhoneg / Livres en breton -  voir en grand cette image
Tad Medar : levrioù e brezhoneg / Livres en breton
  • Ar Werhez Vari, hor mamm (La Vierge Marie notre mère)
  • Fatima
  • Sant Franzez a Asiz (Saint François d’Assise)
  • Diwar C’hoarzin… kelenn (Par le rire… enseigner)
  • An Tri Aotrou (Les Trois Seigneurs)
  • Paotred an Ognon (Les gars de l’Oignon)
  • Istoriou Beleien (Histoires de prêtres).
    Il faut y ajouter deux recueils posthume en français, édités par l’association Les Amis du Père Médard : Père Médard, redites-nous encore… (1996)
    … et un recueil de souvenirs de ses almis Tad Medard de Lanarvily, chemins de missionnaire. - 1989. Dessin de couverture : Alain Cogneau.
    Père Médard : livres posthumes en français -  voir en grand cette image
    Père Médard : livres posthumes en français

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