Vendredi 27 avril 2018 — Dernier ajout mardi 29 mai 2018

À nous tous de faire l’histoire… Enregistrer au format PDF

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Le mois de mai traditionnellement connu sous le label de « mois de Marie » est marqué cette année par la célébration de plusieurs solennités qui se terminent par la fête de la « Visitation ». En effet, à la solennité de l’Ascension qui intervient le 10, suivront l’une après l’autre, la Pentecôte le 20 et la Sainte Trinité le 27.

L’Ascension de Notre Seigneur, puisque c’est elle qui retient davantage notre attention dans ce propos, est qualifiée de la plus grande manifestation de confiance donnée aux hommes par le Christ dès cet instant qu’il s’est séparé physiquement des proches dont il s’était entouré. « C’est à vous maintenant de faire l’histoire », leur aurait-il confié en substance.

Mission bien délicate confiée aux douze apôtres ; mais pas qu’à eux seuls comme le souligne Luc dans les versets « 1 » et « 2 » du dixième chapitre de sa version de l’Evangile – Après cela, le Seigneur choisit soixante-douze autres hommes et les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et tous les endroits où lui-même devait se rendre. Il leur dit : « La moisson à faire est grande, mais il y a peu d’ouvriers pour cela. Priez donc le propriétaire de moisson d’envoyer davantage d’ouvriers pour la faire. »

Un peuple messianique en marche

72 est un nombre qui renvoie aux 72 nations énumérées en Gn10 et, bien plus, un nombre symbolique pour dire que c’est tout le monde qui est appelé à annoncer la Bonne Nouvelle. Si, pour Clément de Rome, les Laïcs passaient pour des fidèles baptisés sans responsabilité dans la communauté ou encore tous ceux-là qui ne sont pas « Clercs » ; si pour le Judaïsme, le commun des Juifs s’en remettait aux prêtres et aux Lévites ; si au Moyen Age prévalait une conception pyramidale de l’Église, qui faisait des Laïcs des chrétiens de base, moins destinés à vivre une spiritualité profonde que les clercs et les moines, Vatican II décrète que « l’Église n’est pas une société monarchique, rigide. C’est le peuple de Dieu, un peuple messianique en marche, ayant pour chef le Christ et envoyé en mission pour se dilater aux dimensions de l’humanité toute entière et propager le Royaume de Dieu sur l’ensemble de l’univers. » Il insiste sur l’égalité de dignité de chacun chrétien dans l’Église et sur l’appel de tous à la Sainteté » LG 31,1964 Il est, à cet effet, souligné la vocation spécifique des Laïcs à sanctifier le monde de l’intérieur, par leur vie de la famille, leur travail…En vertu de leur baptême, tous les membres de l’Eglise sont fondamentalement égaux. Can.209

TOUS EGAUX, différents quant aux fonctions. Mais TOUS RESPONSABleS dans l’Eglise. Et c’est la raison pour laquelle, ils sont appelés à exercer une fonction de conseil – pastoral, épiscopal, économique, animation pastorale. Face à la diminution de Clercs, ils sont sollicités dans bien des activités de la communauté : liturgie, catéchèse, aumônerie, visites aux malades, réflexions pastorales, organisation, gestion financière…

Des laïcs conscientisés

La mission est un devoir majeur de L’Église. Il incombe surtout aux Laïcs qui sont appelés à être aux premières lignes de la construction d’un monde plus juste et plus humain, non seulement à dialoguer, mais à évangéliser la culture moderne en répondant de l’intérieur aux aspirations d’aujourd’hui.

Voilà pourquoi, parlant de la mission des Laïcs, pour ce mois de mai, le Pape François formule cette intention de prière : « Pour que les fidèles laïcs accomplissent leur mission spécifique en mettant leur créativité au service des défis du monde actuel ».

Dans ce contexte de la conscientisation des uns et des autres à leur devoir de baptisés, la Communauté pastorale du pays de Guingamp tire la sonnette d’alarme. Triste constat ! Nous assistons, sur nos cinq paroisses, à un essoufflement très inquiétant de pas mal de nos forces vives ; partant des fidèles ayant reçu une mission et arrivés au terme de leur mandat à ceux qui s’étaient spontanément engagés dans l’un ou l’autre secteur de la vie ecclésiale de notre Communauté. Il faut une relève.

Au moment où le Seigneur ressuscité se sépare physiquement de nous, et nous invite dès lors à FAIRE NOTRE HISTOIRE, nous ne voyons pas les fidèles se bousculer à la porte de l’embauche pour répondre généreusement à la confiance qu’Il nous témoigne. Sentons-nous interpellés et manifestons notre disponibilité pour l’un ou l’autre poste en souffrance. Il y va de la pérennité de notre action évangélisatrice. Abbé Georges Mutshipayi, curé de Guingamp