Après la conférence « fin de vie : quelle société voulons-nous ? »

jeudi 16 octobre 2014
par  Jef Philippe
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120 personnes ont suivi, le 13 octobre à l’UCO de Guingamp, la conférence-débat sur la fin de vie, organisée, comme l’a précisé notre curé Francis Morcel, « à l’initiative de l’Antenne Pastorale Économique et Sociale du diocèse (APES), une instance voulue par Mgr Fruchaud, alors évêque de notre diocèse, pour réfléchir aux questions de société » comme « l’aménagement du territoire, la santé, le vieillissement, le handicap. »

De g. à d. Stéphane Melot, Jean-Charles Sacchi, Elisabeth Corre, Pierre de Rosanbo -  voir en grand cette image
De g. à d. Stéphane Melot, Jean-Charles Sacchi, Elisabeth Corre, Pierre de Rosanbo

Jean-Charles Sacchi : préciser les mots, les notions…

Quatre intervenants ont pris la parole. D’abord, Jean-Charles Sacchi, Président de « l’Espace de Réflexion éthique de Saint-Brieuc », a détaillé les éléments constitutifs de la question du jour, précisant au passage le sens des mots tels que « suicide assisté, vivre, soins palliatifs, euthanasie, dignité de la personne… » « Les fins de vies sont de plus en plus complexes : alors, jusqu’où aller dans les traitements ? qui doit en décider ? ». Le conférencier rappelle le droit des malades (lois Kouchner puis Léonetti), approfondissant les raisons d’être favorable ou non à l’euthanasie, prenant à revers les positions médiatiques souvent fondées sur l’émotion facile. Qu’est-ce que la véritable compassion ? En fait, la demande d’euthanasie, plutôt qu’une envie de mourir, traduit un appel à l’aide pour mettre fin à la souffrance, la douleur pouvant parfois altérer la liberté du malade. Quant à la dignité, elle signifie « la valeur absolue de l’être humain, quel que soit son état de santé et son âge ». M. Sacchi propose ensuite quelques réflexions sur la relation de soins, plaidant pour « une approche éthique, appelant à la bonne volonté de chacun pour que soient prises en compte toutes les dimensions physiques, psychologiques et spirituelles des personnes, en vue d’une humanisation réciproque des soignants et des soignés » : il existe un « devoir de sollicitude et de respect réciproques dans une attitude d’écoute patiente et de fraternité ». En l’état, la loi Léonetti constitue une ligne de crête équilibrée entre ces deux abîmes que sont l’euthanasie et l’acharnement thérapeutique.
 Il revenait aux trois autres intervenants de préciser tel ou tel aspect de la question, selon l’expérience humaine et professionnelle de chacun.
 Madame Élisabeth Corre, aumônier en hôpital et en maison de retraite, insiste sur la notion d’accompagnement : « accompagner, c’est se laisser toucher (au propre et au figuré) par l’autre », c’est être « celui ou celle qui est avec la personne », par une présence qui ne s’exprime pas toujours verbalement. La demande d’aide religieuse est bien présente : la prière avec les malades permet de « trouver une force à l’intérieur d’eux-mêmes, force qui illumine tout l’être. » La présence de l’aumônier et de son équipe d’aumônerie « fait écho à la vie intérieure des personnes. »
 Stéphane Melot, cadre infirmier au Pôle Médecine de l’Hôpital de Dinan et membre de l’Équipe Mobile de soins palliatifs, secrétaire du Comité d’Éthique des établissements de Dinan, Saint-Malo et Cancale, a apporté des éclaircissement sur les soins palliatifs, la sédation, l’euthanasie passive ou active, notant au passage la puissance du lobby pro-euthanasie.
 Enfin, Pierre de Rosanbo, diacre permanent et membre du groupe de réflexion sur la fin de vie au sein de l’APES, aborde la réflexion et la parole de l’Église catholique sur ce sujet. « L’Église a le souci de toute personne humaine, elle s’intéresse à l’homme et à la vie de l’homme, développant le respect de la vie pour le bien des personnes, avec un intérêt particulier pour les plus petits, les plus fragiles. […] La réponse à la souffrance, c’est l’Amour, et non la mort ».
 Un échange avec l’assistance a permis d’évoquer la notion de « personne de confiance » et les « directives anticipées » des malades (exprimées au médecin ou à leurs proches), ainsi que les souvenirs douloureux des proches après un décès.
 M. le Curé, en conclusion, a évoqué la nécessité de prendre en compte les notions de maladie et de décès dans l’éducation des enfants, que l’on tient parfois abusivement à l’écart de ces réalités de la vie.
 Dans le public se trouvaient des personnes professionnellement concernées par le milieu hospitalier, et de nombreux bénévoles de l’Hospitalité Diocésaine, de la Présence Fraternelle auprès des malades, des équipes d’aumônerie, ainsi que des étudiants en psychologie de l’UCO. Tous ont apprécié la précision des explications et l’abondance des cas concrets évoqués.
 Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont assuré la mise en œuvre de cette soirée éclairante.

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