Pardon de Notre Dame de Bon Secours : photos, et homélie de Mgr Souchu

samedi 9 juillet 2016
par  Paroisse de Guingamp
popularité : 17%

L’édition 2016 du Pardon de Notre Dame de Bon Secours, peut-être favorisé par le beau temps, a attiré une foule importante de fidèles, et de nombreux spectateurs ont pu rejoindre la ferveur populaire de la procession à travers les rues de Guingamp.
Voici quelques photos de ce grand pardon, ainsi que l’homélie prononcée le samedi soir par Monseigneur Nicolas Souchu, évêque auxiliaire de Rennes, qui présidait les cérémonies.
(photos : Jef. Cliquer pour les agrandir)

 I) Vendredi 8 juillet

Une messe a réuni ce vendredi un bon nombre de personnes autour des aînés et des malades de la zone de Guingamp. Merci à l’Aumônerie des Hôpitaux, à la Fraternité des Malades et à toutes les personnes qui ont véhiculé et accompagné tant de frères et sœurs à la santé déficiente !
info document -  voir en grand cette image
info document -  voir en grand cette image
info document -  voir en grand cette image
info document -  voir en grand cette image
info document -  voir en grand cette image
info document -  voir en grand cette image

 II) la messe et les tantads du samedi soir

sous la présidence de Monseigneur Souchu, en présence de Monseigneur Denis Moutel, évêque de saint-Brieuc et Tréguier.
info document -  voir en grand cette image
De g. à d. Abbé F. Morcel, curé de Guingamp, Mgr Souchu, Mgr Moutel -  voir en grand cette image
Avec les bannières des relais -  voir en grand cette image
info document -  voir en grand cette image
info document -  voir en grand cette image
info document -  voir en grand cette image

 III) L'homélie de Monseigneur Nicolas Souchu

Frères et Sœurs,

Je tiens tout d’abord à remercier Monseigneur Denis Moutel, votre évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, de m’avoir invité à présider ce pardon de Notre-Dame de Bon-Secours ici à Guingamp. A plusieurs reprises les villes de Guingamp et de Rennes se sont affrontées sur des stades de football. Ici vous savez qui est-ce qui gagne lorsque le Club En Avant de Guingamp rencontre le Stade Rennais ! Ce soir, je ne suis pas venu pour gagner ou pour perdre, mais pour choisir avec vous l’Espérance, suivant le thème de votre synode diocésain, et la Miséricorde, puisque nous sommes dans le Jubilé extraordinaire de la Miséricorde promulgué par le pape François.
C’est la Vierge Marie, vénérée ici comme Notre-Dame de Bon-Secours, qui va être notre guide, à la suite des textes de la Parole de Dieu qui viennent d’être proclamés.

I – Je vais commencer par décrire l’espérance – en la distinguant de l’espoir.

L’espoir a un objet, alors que l’espérance n’en a pas. On espère quelque chose, on vit dans l’espérance. L’espoir est soumis à l’échéance du « ou bien / ou bien » : ou bien je suis reçu à mon examen, ou bien je suis collé ; ou bien je gagne, ou bien je perds. L’espérance au contraire se maintient dans l’ouverture… L’espoir vise un futur, escompté ; l’espérance se vit au présent. L’espoir est une attente, angoissée ou impatiente, de quelque chose qui n’existe pas encore ; l’espérance est une qualité d’attention à ce qui se donne à nous. L’espérance nous libère de la peur de rater quelque chose. L’espérance ne s’attend pas à ce que le réel soit conforme à son désir ; l’espérance escompte un accroissement de son désir. L’espérance ne se définit pas par son contenu, mais par son mouvement. C’est bien ce que nous rappelle la première lecture tirée du livre d’Isaïe : Pousse des cris de joie, Réjouis-toi. Le Seigneur est en toi, ne crains pas. C’est pourquoi l’espérance ne donne pas de solutions mais elle ouvre des passages.

II – D’où vient la miséricorde ?

La miséricorde n’est pas au bout d’une argumentation, d’un raisonnement. Elle vient du cœur de Dieu. C’est ce que nous rappelle la seconde lecture tirée de la lettre de Saint Paul aux Romains : Que votre Amour soit sans hypocrisie ; fuyez le mal ; soyez unis les uns aux autres. Laissez jaillir l’Esprit. Marie, Mère de miséricorde a vécu tout cela. C’est pourquoi la miséricorde est l’ouverture de l’avenir. Elle ouvre notre présent à sa dimension d’avenir.
Cette ouverture que tout un chacun peut éprouver à un moment ou l’autre de sa vie, a un rapport avec la résurrection du Christ – c’est ce que nous dit la foi chrétienne.

C’est la foi en la résurrection qui vient donner le souffle de la miséricorde.

III – Que fait l’espérance ?

L’espérance vient remettre en route ce qui était bloqué, arrêté. La Vierge commence par se mettre en route pour aller voir sa cousine Elisabeth. Elle ouvre des passages. En ouvrant des passages, l’espérance donne le désir et la force de s’y engager. L’espérance n’est pas de l’ordre du volontarisme. Avec Moïse déjà, l’espérance a ouvert un chemin dans la mer, mais nous ne le savons que parce que nous nous y sommes engagés.

L’espérance rime avec la confiance. L’espérance a une force créatrice. Espérer, ce n’est pas attendre, c’est se savoir attendu. L’espérance a le pouvoir de décloisonner. Marie se met au service de sa cousine Elisabeth.

Il y a dans l’espérance une grande force de renouvellement. L’espérance prend corps dans une dimension communautaire : une communauté ouverte à tous. C’est tout le sens du Magnificat qui n’est pas une prière à Marie, mais une prière de Marie, un chant d’action de grâce, plein d’espérance.
C’est la relation qui nous constitue. Dieu nous a créés pour vivre non de manière isolée mais ensemble. On entre dans l’espérance surtout par la porte de la vie partagée avec d’autres.

Le pardon est signe d’espérance. Pardonner, c’est ouvrir un avenir possible, c’est espérer en l’autre, espérer en la relation.

IV – Comment se vivent l’espérance et la miséricorde ?

Il est important de ne pas confondre l’espérance et la miséricorde avec un plan d’avenir, avec un programme d’action. Elles sont sans garantie, sans « assurances tous risques » - c’est leur force.

Vivre dans l’espérance, ce n’est pas reporter à demain ce qui pourrait être fait, ce n’est pas attendre un monde meilleur pour pouvoir s’engager. L’espérance se vit au présent ; elle nous invite à commencer. C’est ce que fait la Vierge Marie en allant tout de suite visiter sa vieille cousine Elisabeth qui est enceinte dans son sixième mois.

La miséricorde n’est pas la juxtaposition d’une attitude pieuse et d’une action efficace. La miséricorde repose sur la confiance que Dieu nous ouvre un espace, un espace pour agir de manière responsable, et en même temps détendue.

Être témoins d’espérance et de miséricorde

L’espérance et la miséricorde nous invitent à faire le choix de la fraternité, de la solidarité. Car fraternité ne rime pas avec toute-puissance, mais avec fragilité, comme Saint Paul le rappelle dans notre seconde lecture.

Dans un monde divisé, fragmenté, où la violence est en train de changer de visage et où la reconnaissance de l’autre comme « humain » est mise à mal, quel est le témoignage d’espérance et de miséricorde le plus urgent que nous ayons à porter ? C’est de témoigner qu’un « avenir partagé » est possible. Offrir l’horizon d’un vivre-ensemble, avec nos différences.

Voyez qu’en parlant de l’Espérance et de la Miséricorde nous y retrouvons les traits de la vie de la Vierge Marie, Notre-Dame de Bon-Secours. Un fidèle du diocèse de Rennes et qui est bretonnant, m’a indiqué que la véritable traduction de bon secours et vrai secours. La Vierge sait d’où vient son espérance et d’où vient la miséricorde ; elle sait comment vivre l’espérance et la miséricorde, y compris debout au pied de la croix de son Fils ; elle est témoin de l’espérance et de la miséricorde. Elle est même invoquée comme Notre-Dame de l’Espérance et Mère de Miséricorde. Puisse-t-elle vous aider dans votre marche ensemble, traduction du mot synode, à recevoir le don de Dieu (d’où vient l’espérance), aimer les hommes (pour vivre l’espérance) et à la conversion de la mission de l’Eglise (pour être témoin de l’espérance).
Près de l’escalier desservant le buffet d’orgue, vous savez qu’il existe une inscription en latin qui se traduit ainsi : Tout ce que tu fais, fais-le avec sagesse et n’oublie pas la fin. Permettez-moi de paraphraser cette inscription en disant ce soir : Tout ce que tu fais, fais-le avec miséricorde et n’oublie pas l’espérance !

Notre-Dame de Bon-Secours, priez pour nous.

+ Nicolas Souchu
Evêque auxiliaire de Rennes


Commentaires

Bouton Contact image Jésus
Bannière denier

Facebook

Agenda

<<

2017

 

<<

Septembre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
28293031123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829301
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois