7e dimanche de Pâques (année A) - méditation proposée par l’abbé Gaëtan Lormel : la prière Enregistrer au format PDF

Samedi 23 mai 2020
0 vote

Pour ce septième dimanche de Pâques le père Gaëtan Lormel nous invite à accueillir en nous le Christ ressuscité, et pour cela de « nous tenir tous ensemble dans la prière ».
Évangile à lire : Jean 17, 1-11

Nous sommes entre Pâques et la Pentecôte, quelques jours après l’Ascension, et nous sommes invités aujourd’hui à faire l’expérience des apôtres qui viennent de voir Jésus s’en aller vers le ciel et qui restent dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint. Les proches de Jésus ont besoin de se retrouver pour comprendre ce qui s’est passé. Ils ont besoin de comprendre ce que veut dire : ’’Je ne vous laisserai pas orphelins’’. Mais son départ créait une absence et encore aujourd’hui, nous pouvons faire l’expérience de son absence même si nous sommes habités par la présence du Ressuscité dans nos vies.

L’Ascension, et nous aujourd’hui

C’est à ce moment-là que commence un parcours de foi dans la prière en faisant une relecture de la vie du Seigneur pour comprendre comment cela peut rejoindre notre vie. Il faut donc se mette face à lui pour réaliser qu’il est présent chaque jour à nos côtés et c’est en faisant ainsi que nous pourrons dire nous aussi : « Oui, le Seigneur marche avec moi tous les jours de ma vie jusqu’à la fin des temps ». Alors, n’ayons pas peur de nous mettre devant lui et de le prier car c’est bien à ce moment-là que le Christ se révèle et ce n’est pas dans les agitations de tous les jours que nous pourrons discerner sa présence. J’espère que ce temps du confinement aura pu être pour chacun un temps pour se mettre face à lui et le prier. J’espère que chacun a pu reconnaître sa présence et qu’il marchait quotidiennement avec nous pendant ce long temps. Oui Jésus ne nous laisse pas orphelins, il nous accompagne discrètement mais sûrement.

Appartenir au Christ

L’évangile de ce dimanche nous rapporte les mots que Jésus adresse à son Père en son heure ultime, où il peut regarder l’œuvre qu’il a accomplie. Sa mission a consisté à faire connaître Dieu en vérité parce qu’il est la Parole même du Père. Ceux qui ont accueilli sa Parole sont vraiment ses disciples et n’appartiennent plus au monde puisqu’ils appartiennent au Christ.
Nous qui sommes croyants, nous appartenons aussi au Christ mais nous savons par expérience qu’il est difficile de tenir ferme dans la foi. Est-ce que nous accueillons vraiment sa Parole avec Joie ? En sommes-nous témoins dans le quotidien de nos vies ?
Les apôtres nous indiquent une voie sûre : se tenir tous ensemble dans la prière. C’est ainsi que nous est présenté le groupe des onze qui, associé à quelques femmes proches de Jésus, obéit à l’ordre du Seigneur de rester à Jérusalem pour y recevoir l’Esprit Saint. En adressant à Dieu leur prière, ils rejoignent le Christ, bien qu’ils restent dans le monde et à leur tour, ils porteront la Parole de Dieu aux hommes. Et c’est encore cette attitude que nous devons avoir aujourd’hui. Profitons de ces derniers jours de déconfinement, où nos activités sont moindres, pour prier le Seigneur. Il ne s’agit pas de faire un effort pour prier mais d’être assez creusé pour accueillir du mieux que nous pouvons la prière de Jésus qui nous inonde le cœur, c’est ainsi que nous pourrons découvrir l’immensité de son amour.
La prière a construit la première communauté qui a poursuivi l’œuvre de Jésus. Le psaume 26 nous dit la confiance dans l’épreuve, car dans la persécution l’Esprit Saint donne joie et allégresse aux chrétiens qui portent le nom du Christ ressuscité.

« Mendiants de Dieu »

La fidélité à la Parole et la volonté de connaître le Père conduisent à ce paradoxe que l’angoisse et la joie peuvent vraiment cohabiter dans le cœur d’un témoin authentique. Tant de martyrs des premiers siècles nous ont donné ce beau témoignage et tant d’autres ont suivi dans le cours de l’histoire. Alors laissons envahir notre cœur de cette joie que le Seigneur nous donne par Jésus le Christ.
Le pape François nous dit quelques mots sur la prière dans une audience sur la place St Pierre au Vatican : ’’Dans le cœur de l’homme il y a une voix qui prie, plus forte que toute argumentation contraire. Nous avons tous cette voix en nous. Une voix qui sort spontanément, sans que personne ne lui en donne l’ordre, une voix qui s’interroge sur le sens de notre cheminement ici-bas, en particulier quand nous nous trouvons dans les ténèbres : « Jésus, prends pitié de moi ! Jésus, prends pitié de moi ! ». Quelle belle prière.

Mais ces paroles ne se retrouvent-elles pas dans toute la création ? Tout n’est qu’invocation et supplication pour que le mystère de la miséricorde trouve son accomplissement définitif. Les chrétiens ne sont pas les seuls à prier : ils partagent ce cri de la prière avec tous les hommes. Mais nous pouvons élargir encore ce point de vue : Saint Paul affirme que la création tout entière « gémit, passe par les douleurs d’un enfantement » (Rm 8, 22). Les artistes se font souvent les interprètes de ce cri silencieux de la création, qui sourd de toute créature et jaillit surtout du cœur de l’homme, car l’homme est un « mendiant de Dieu ».

La prière ne fait pas de bruit, elle fait beaucoup de bien et comble le cœur de l’homme ; alors, comme le disait sainte Thérèse de Lisieux : « Ne nous lassons pas de prier, la confiance fait des miracles… » Profitons de ces derniers jours de déconfinement pour accroître notre prière, c’est ainsi que nous verrons que nous ne sommes vraiment pas orphelins…

Abbé Gaëtan LORMEL