Éditorial de décembre 2018 : Contempler… Agir… Enregistrer au format PDF

Mercredi 5 décembre 2018
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Décembre, en breton miz kerzu, le mois très noir, avare de lumière… Les poules se couchent tôt, oublient parfois de pondre… L’on s’emmitoufle : quelques veinards disposent d’une cheminée où flambe un feu bienvenu. Gants… Bonnets de laine… On prend des précautions !

"Où tu crèches ?"

Malgré les intempéries, beaucoup iront voir ici ou là des expositions de crèches de Noël, comme il y en eut à Trévarez (29) ou, plus près de nous, à Plouaret. Voilà une source d’émerveillement pour les âmes simples, celles que justement Jésus affectionne ! Les enfants seront aussi ravis que leurs parents et grands-parents… L’un des santons traditionnels de Provence s’appelle justement le Ravi, celui qui, dans son innocence, se laisse prendre ("ravir") par la beauté de la crèche. En breton on l’appellerait "an Inosant", l’innocent, c’est-à-dire "celui qui ne nuit pas", qui ne pense pas au mal.

D’autres, justement, pensent au bien qu’ils peuvent faire : visiter des malades, des personnes seules, agir dans une œuvre caritative. En effet, nous dit saint Jacques dans sa Lettre, le chrétien doit avoir constamment le souci des pauvres ! Quelques extraits : « À quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu’un dise : " J’ai la foi ", s’il n’a pas les œuvres ? […] Vous voyez que l’homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement… Comme le corps sans l’âme est mort, de même la foi sans les œuvres est-elle morte. » (Jc 2,14-26)
Il n’y a pas d’opposition entre le fait d’être émerveillé par la Nativité et le fait d’œuvrer concrètement pour le bien des pauvres. Au contraire, tout ce qui peut animer et nourrir notre foi doit contribuer à nous faire aimer et aider nos frères.
Alors, contemplons, avec les yeux de l’innocence, cet Enfant qui, confié à Marie et Joseph, nous dit la vulnérabilité de Dieu fait homme. Puis, allons réconforter celles et ceux qui manquent d’espérance. Alors, le soleil va revenir, ce "sol invictus" dont parlaient les anciens, "soleil invaincu" qui pour nous chrétiens, n’est autre que cet Enfant. Devenu adulte, Jésus dira : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » Jn 8(12).
Confions à ce petit poème le soin de souhaiter à chaque lectrice, à chaque lecteur : Joyeux Noël ! Nedeleg laouen !

Père de tendresse qui ce soir
Nous donnes un Frère et une Mère

Tout l’univers clame ta gloire
Avec les pauvres de la terre

Enfant d’argile et de lumière
Dans la caverne de mon cœur

Donne-moi cette nuit
La joie de vivre ton amour

Fais que le chant des bergers et des anges
Vienne féconder ma louange

Ouvre mon cœur à ton Esprit de paix
Que ta joie enchante mes frères

Jef Philippe, diacre