Edito

Homélie : Convertissez-vous et croyez à l’Évangile… Enregistrer au format PDF

Lundi 19 février 2018 — Dernier ajout lundi 16 avril 2018
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Homélie de l’abbé Guy Marzin le dimanche 18 février (1er dimanche de Carême), en se fondant sur l’évangile de saint Marc (Marc 1, 12-15).

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » nous dit Jésus.

Nous avons déjà entendu cette invitation de Jésus, mercredi dernier, en recevant les cendres sur notre front ou dans nos mains : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » C’est comme la phrase-clé à retenir durant tout le temps du carême. Je sais que le mot conversion n’a pas bonne presse autour de nous. Il fait penser au prosélytisme, aux conversions forcées (il y en a eu dans l’histoire !). Pourtant ce mot est essentiel dans la vie du chrétien. Derrière le mot “conversion”, il y a le mot grec “metanoia”, qui se traduit par “changement de mentalité, retournement”. Nous pourrions donc traduire “convertissez-vous” par : “changez de mentalité”, “changez d’état d’esprit”.

Il y a souvent des glissements au niveau de la mentalité dans notre société, autour de nous. Les mentalités changent, évoluent. Mais cela est vrai aussi à un niveau personnel : notre mentalité évolue au fil des années. Quand on est jeune, on est tout feu tout flamme, on a un grand idéal. Et puis, peu à peu, on se laisse parfois gagner par la recherche du confort, du bien-être ; nous nous installons dans un certain suivisme. Cela est vrai aussi des appels de l’Évangile ; en voyant qu’on n’y arrive pas, on rabaisse la barre des exigences évangéliques à notre mesure ; on en vient à considérer l’Évangile comme une utopie, à l’image de cette personne qui m’a dit un jour : « Moi, je fais ma religion moi-même ! » Elle prenait ce qui ne la dérangeait pas trop dans l’Évangile ! On lime un peu certaines paroles d’Évangile pour ne pas être trop dérangés. La question pour nous, chrétiens, durant le carême, est de se demander s’il n’y a pas quelque chose à changer en nous, dans notre état d’esprit, dans notre vie, pour être davantage ajustés à l’Évangile de Jésus.

Mais l’invitation de Jésus dit bien : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Se convertir et croire ! Il ne s’agit pas là de deux démarches successives mais de deux facettes de la même démarche. C’est en croyant en l’Évangile que s’opère un changement dans notre mentalité. C’est dans la mesure où je m’ouvre à l’amour de Dieu que je peux aussi changer de mentalité.

Inversement, si je n’accepte pas de changer de mentalité, de changer quelque chose dans ma vie, l’Évangile reste des belles paroles, extérieures à la vie. Saint Jacques, dans sa lettre, à des paroles claires sur le sujet, quand il dit : « Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ?Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. Vous voyez bien : l’homme devient juste par les œuvres, et non seulement par la foi. » (Jc 2, 14…24)

L’Évangile en actes

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »Ou bien : Changez de mentalité et croyez en Jésus Christ. Ne séparez pas les actes et la foi. Ne séparez pas la prière et la vie de tous les jours, etc. Quand on sépare la foi du comportement moral on s’écarte de la logique de l’Évangile. Nous avons tous à grandir dans la foi en Jésus Christ, à grandir dans la prière personnelle et liturgique, mais nous avons autant besoin de changer quelque chose dans notre vie, dans notre comportement.

Je sais que nous sommes tous influencés par les courants dominants de notre monde : le chacun pour soi, l’individualisme triomphant, la courses à l’argent. L’Évangile vient nous interpeller tous. Il nous invite à changer de mentalité.

Dans son message pour le Carême 2018, le pape François nous dit : Depuis toujours, le démon, qui est « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44), présente le mal comme bien, et le faux comme vrai, afin de troubler le cœur de l’homme. C’est pourquoi chacun de nous est appelé à discerner en son cœur et à examiner s’il est menacé par les mensonges… Il faut apprendre à ne pas en rester à l’immédiat, à la superficialité, mais à reconnaître ce qui laisse en nous une trace bonne et plus durable, parce que venant de Dieu et servant vraiment à notre bien. » Deux mots sont à retenir : DISCERNER et EXAMINER

Que le temps du Carême nous fasse tous grandir dans la foi en Jésus Christ qui nous sauve. Qu’il nous donne la force de l’Esprit Saint, pour choisir de mettre en actes l’Évangile de Jésus. Amen.

Abbé Guy Marzin