Homélie de la Toussaint 2018 (père G. Marzin) Enregistrer au format PDF

Vendredi 2 novembre 2018
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Voici l’homélie du père Guy Marzin, donnée à l’église de Ploumagoar et à la basilique Notre-Dame de Bon Secours (Guingamp) à l’occasion de la Toussaint 2018.

Chaque année, pour la solennité de la Toussaint, nous entendons le même passage de l’Évangile selon saint Matthieu, qu’on appelle les Béatitudes. Chaque phrase commence par ce simple mot : HEUREUX ! Le mot « Heureux » revient neuf fois dans l’évangile d’aujourd’hui.

Les Béatitudes : un programme de vie

Les Béatitudes nous présentent le monde, la vie de chacun de nous, la vie de l’Église, vus du côté de Dieu. Avec les Béatitudes nous voyons le monde à l’endroit et non pas à l’envers ! Les Béatitudes sont comme la carte d’identité du chrétien, la voie pour grandir en humanité, en dignité, en disciple de Jésus Christ.

Les Béatitudes ont été le programme de vie des saints d’hier et des saints d’aujourd’hui. C’est ce que le pape François a rappelé dans sa lettre sur l’appel à la sainteté, publiée en mars dernier. Dans ce beau texte du pape François j’ai surtout retenu ce qu’il nous dit au chapitre IV : « Quelques caractéristiques de la sainteté dans le monde actuel. » C’est vrai, on peut se demander de temps en temps, comment grandir dans la foi chrétienne dans la société actuelle. Comment vivre l’appel des Béatitudes dans la situation difficile de l’Eglise aujourd’hui ?

Je reprends pour vous les 5 idées données par le pape :

  • 1) Vivre dans l’endurance, la patience et la douceur.
    Pour vivre en chrétiens, le pape nous dit qu’il faut être centré sur Dieu, sur le message de Jésus. C’est là le premier soutien du chrétien. Grâce à cet enracinement dans le Christ, nous grandirons dans la patience et la constance dans le bien. La vie intérieure nous préserve de la contagion de la violence. L’Évangile de Jésus nous met sur un chemin de patience, de douceur, d’humilité
  • 2) Vivre dans la joie et le sens de l’humour.
    La vie dans la foi en Jésus Christ doit être source de joie. « Le saint, tout chrétien, est capable de vivre joyeux et avec le sens de l’humour » dit le Pape. (122) Si nous laissons vraiment l’Évangile de Jésus animer notre vie, nous avancerons dans la joie. Les 4 évangiles nous parlent souvent de la joie de croire, la joie de vivre avec le Christ, la joie de donner… La foi est une assurance intérieure, une sérénité remplie d’espérance. Pour le pape, il n’y a pas de sainteté qui ne soit en même temps accompagnée du sens de l’humour. « La mauvaise humeur n’est pas un signe de sainteté » dit le pape. (126)
  • 3) Vivre dans l’audace et la ferveur.
    ci le pape nous met tous en garde contre la paralysie des vieilles habitudes. La tentation du repli, du renfermement sont mauvais signes pour les chrétiens. Ils nous mènent, dit le pape vers « L’individualisme, le repli dans de petits cercles, la dépendance, la routine, la répétition des schémas préfixés, le dogmatisme, la nostalgie, le pessimisme, le refuge dans les normes… » (134). L’Évangile de Jésus est toujours une nouveauté, une bonne nouvelle. « L’Évangile nous pousse à partir sans relâche et à nous déplacer pour aller au-delà de ce qui est connu, vers les périphéries et les frontières. » dit le pape. (135) « Nous devons renoncer à faire de notre vie chrétienne un musée de souvenirs » ajoute le pape. (139)
  • 4) Vivre en communauté.
    On ne grandit pas dans la foi, l’amour de Dieu et l’amour des autres tout seul. « Vivre ou travailler avec d’autres, c’est sans aucun doute un chemin de développement spirituel » dit le pape (140). Partager l’Évangile avec d’autres chrétiens, rejoindre la communauté chrétienne pour célébrer la messe, fait de chacun de nous des frères et nous convertit progressivement à vivre en Église.
  • 5) Vivre en prière constante.
    Le pape termine sa lettre en rappelant qu’il n’y a pas de vie chrétienne authentique, de sainteté, sans vie de prière. Prière personnelle, prière avec les autres chrétiens, célébration des sacrements de la foi. La vie de prière nous fait grandir dans la foi. Le pape nous dit : « Pour tout chrétien, il est indispensable d’être avec le Christ, de l’écouter, d’apprendre de lui, d’apprendre toujours. Si nous n’écoutons pas le Christ, toutes nos paroles ne seront que du bruit qui ne sert à rien. » (150)

Merci au pape François pour ses conseils qui nous aident tous à grandir dans la foi, l’espérance et la charité. Que cette eucharistie nous donne la force de l’Esprit saint pour avancer sur le chemin des béatitudes.
Amen.
Abbé Guy Marzin