Homélie du dimanche 11 novembre 2018 Enregistrer au format PDF

Mardi 13 novembre 2018
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Homélie du dimanche 11 novembre 2018 (32e dimanche du Temps Ordinaire. Année « B » Basilique Notre Dame de Bon-Secours, Guingamp.) 100e anniversaire de l’Armistice de 1918.
L’évangile de ce dimanche [Marc 12, 38-44] nous invite à méditer sur ce qui abaisse l’homme, et sur ce qui fait la grandeur de l’homme.

1) Ce qui abaisse l’homme

La première partie de l’Évangile nous présentait des scribes qui aimaient sortir en vêtements d’apparat, qui aimaient les salutations sur les places publiques, les premières places dans les célébrations, les honneurs dans les repas… et en plus ils étaient exigeants et durs avec les autres.
En résumé, on peut dire qu’ils sont centrés sur eux-mêmes, préoccupés de soigner leur image personnelle. Le but de leur vie est dans une recherche de valorisation de soi, en oubliant les autres. Ils vivaient « pour l’apparence », dit le texte d’Évangile !
On peut être tenté de dire cela des autres, mais soyons lucides, on est tous menacé par la tentation du paraître, plus ou moins consciemment : quand l’aspect extérieur et le semblant l’emportent sur l’être ; quand le désir de paraître, de briller aux yeux des autres, nous habite… Cette tentation du paraître abaisse l’homme.
Dans la logique du paraître, on peut utiliser les autres pour se mette en avant, s’enorgueillir. La relation aux autres peut être utilisée pour se montrer, se mettre en avant, veiller à être vu, tout faire pour que les gens nous voient, nous fassent des éloges.. Pour Jésus il y a l’apparence et la vérité. Il y a ceux qui font semblant et ceux qui sont vrais. Jésus n’aime pas l’hypocrisie orgueilleuse, car il croit que ce qui fait la valeur d’un homme, ce n’est pas ce qu’il a, « l’apparence », mais ce qu’il est, ses richesses du cœur, sa foi et sa charité.

2) Ce qui fait la grandeur de l’homme.

Dans la deuxième partie de l’Évangile, Jésus nous donne en exemple, non pas des gens qui font une offrande formelle, vide de sens, mais l’offrande d’une pauvre veuve. Il faut savoir qu’au temps de Jésus, les veuves, surtout si elles n’avaient pas d’enfant, n’avaient guère de ressources et cela entraînait un état de marginalisation sociale et de solitude affective.
Jésus a vu dans le geste de cette pauvre veuve le modèle du croyant, le modèle du chrétien. Pourquoi ? Jésus n’a pas regardé l’apparence, il a regardé l’intention du cœur. « Elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Ces paroles de Jésus dans l’Évangile, on peut les traduire autrement : « Elle a donné tout ce qu’elle avait, toute sa vie. » C’est-à-dire : elle s’est livrée elle-même, comme si elle se donnait totalement à Dieu et aux autres. Être dans la logique du don, voilà ce qui fait la vraie grandeur de la vie d’un homme ou d’une femme pour Jésus. Et non pas construire sa vie sur des apparences, des artifices trompeurs.

Le message de l’Évangile de ce dimanche nous fait tous réfléchir.

  • Si notre vie est un musée d’images ou de masques, un monde de façades… nous nous abaissons.
  • Si notre vie est bâtie sur des richesses du cœur, faite de simplicité, de foi, de sens du service, de don de soi, nous devenons grands.

Je voudrais aussi aujourd’hui évoquer le 100e anniversaire de l’Armistice de 1918.

Nous pensons aux millions de victimes et aux destructions immenses de ce conflit. Nous pensons aux personnes de chez nous qui ont donné leur vie pour stopper des idéologies mortifères, à la première et à la seconde guerre mondiales.
Les monuments aux morts érigés dans nos communes nous rappellent ces vies sacrifiées pour notre liberté.
Le 13 septembre 2014, le Pape François se rendait dans un cimetière militaire au nord de l’Italie. Devant les tombes de victimes il a prononcé un discours qui nous interroge tous au sujet de la guerre : « La guerre est folle, son plan de développement est la destruction : vouloir se développer au moyen de la destruction ! La cupidité, l’intolérance, l’ambition du pouvoir, sont des motifs qui poussent à décider de faire la guerre, et ces motifs sont souvent justifiés par une idéologie. »

L’anniversaire de l’armistice de 1918 doit nous faire réfléchir.

  • Nous devons combattre le nationalisme et son corollaire, le mépris des autres peuples et des autres cultures.
  • Nous devons, dans nos choix, prendre en compte les intérêts communs de toute la famille humaine.
  • Qu’au centre de chaque décision, on ne place pas les intérêts particuliers mais le bien commun et le respect de toute personne.
    Puissent les célébrations du souvenir de ce 11 novembre 2018, nous engager tous sur un chemin de justice, de paix, de solidarité.

Abbé Guy Marzin