Homélie du père Guy Marzin (25e dimanche C) : la justice selon Amos Enregistrer au format PDF

Lundi 23 septembre 2019
0 vote

(Homélie du 25e dimanche du temps Ordinaire, année : « C » Le 22 septembre 2019, à Guingamp.) Nous avons entendu tout à l’heure, en première lecture, un passage du livre du prophète Amos. Essayons de comprendre le message de ce texte !

Nous sommes au 8 ème siècle avant Jésus Christ. Le prophète Amos habite le nord d’Israël, la Samarie. La région connaît à cette époque son plus haut niveau de pouvoir matériel et de prospérité.
Mais le prophète Amos est surpris par les inégalités dans son pays. Il remarque que la prospérité ne profite qu’à une classe de privilégiés. Les riches vivaient dans l’opulence. Ils avaient leurs palais d’été et d’hiver, richement ornés d’ivoire, avec des divans splendides. Ils avaient des vignobles et buvaient du bon vin…
Mais à côté d’une classe de privilégiés il y avait une population de pauvres : des personnes affligés, exploitées et même vendues en esclavage, et les juges étaient corrompus.
Dans le texte que nous avons entendu en première lecture, Amos visait surtout les marchands de l’époque. Ne sachant qu’inventer pour s’enrichir, ils étaient passés maîtres dans l’art de la fraude : « Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances… Vendre jusqu’aux déchets du froment. » Pire encore, ils n’avaient pas peur de réduire le pauvre à se vendre lui-même : « Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. » De tout l’Ancien Testament, le livre du prophète Amos contient les invectives les plus virulentes contre les injustices, l’exploitation des faibles et les profits malhonnêtes.

Pourquoi Amos dénonce ainsi les injustices ? Parce qu’elles sont une offense à Dieu ?

Le croyant ne peut pas séparer l’amour de Dieu, la foi, et l’engagement pour plus de justice entre les hommes. Les chrétiens sont interpellés par les paroles du prophète Amos. Elles nous invitent à mettre du lien entre foi et pratique sociale. Elles nous invitent à ne pas séparer la foi du comportement moral. C’est pour cette raison également que l’Église, depuis plus d’un siècle, a élaboré sa doctrine sociale pour aider les chrétiens dans leur engagement temporel.
Je voudrais justement vous donner aujourd’hui, la pensée de l’Eglise catholique sur les valeurs qui font grandir l’homme, et toute société qui cherche le bien de tous.

Dans la doctrine sociale de l’Église catholique il y a quatre principes majeurs et fondamentaux à préserver, et pour lesquels nous devons veiller sans cesse. Des causes où nous devons nous engager aujourd’hui et demain. Je les présente rapidement, en quelques mots !
1) Le respect de la dignité de la personne humaine, de sa conception à son dernier souffle naturel. Toute personne est une histoire sacrée et demande attention et protection. Nous sommes invités à nous engager pour le développement de tout l’homme et de tous les hommes, à toutes les étapes de sa vie.
2) Le sens du bien commun. Invitation à défendre le bien commun, et pas uniquement les biens privés. Invitation à défendre notre maison commune, la création voulue par Dieu.
3) La subsidiarité. C’est-à-dire reconnaître le principe qui favorise toutes les initiatives des personnes, des groupes et la vie associative. Toute personne, toute famille et tout corps intermédiaire doit avoir une vraie place dans la vie d’une société.
4) La solidarité. Cette vertu qui permet à tous de pouvoir bénéficier des mêmes biens et des mêmes droits. Nous avons tous à nous engager pour améliorer la solidarité entre les citoyens.

Quatre principes à retenir pour bâtir un avenir plus juste et plus humain.

Le prophète Amos, au nom de sa foi s’était engagé dans la société de son temps. Il nous invite à notre tour à vivre notre foi chrétienne par des engagements dans la société d’aujourd’hui, pour plus de dignité, de justice et de paix dans notre monde. Amen.

Abbé Guy Marzin