Homélie du père Guy Marzin : Jésus à la synagogue de Nazareth Enregistrer au format PDF

Mardi 5 février 2019
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Homélie pour le 4e dimanche ordinaire, année C (évangile : Luc 4, 21-30)

Pourquoi les gens rassemblés dans la synagogue de Nazareth sont-ils passés de l’admiration au rejet de Jésus ? Au début : « Tous, dans la synagogue, rendaient témoignage à Jésus et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. » Mais à la fin du passage d’évangile que nous venons d’entendre, on nous dit que : « Dans la synagogue, tous devinrent furieux, ils se levèrent et poussèrent Jésus hors de la ville », avec l’intention de le jeter dans un ravin !

Les gens sont passés de l’admiration à la folie meurtrière, de l’approbation à la colère ! Ce qui a opéré un tel changement, c’est l’intervention de Jésus devant l’assemblée. Il leur a dit - dans son homélie ! - que Dieu aimait autant le peuple d’Israël que les païens, les étrangers ! Pour les contemporains de Jésus, Dieu est le Dieu d’Israël. La Bible parle souvent du peuple élu, du peuple choisi ! Pour les gens de Nazareth donc, les autres peuples sont des païens, et la plupart du temps, considérés comme des ennemis. Dieu ne peut pas faire du bien à des païens, des étrangers, c’est inconcevable. Eh bien, à la synagogue de Nazareth, Jésus dit que Dieu aime tous les peuples ! Il aime autant la veuve de Sarepta au pays de Sidon et Naaman le Syrien, que tous les habitants d’Israël. Le Royaume de Dieu est offert à tous les peuples, à tous les hommes, de toutes les cultures… Jésus remet donc en cause la vision imparfaite des réalités de Dieu des habitants de Nazareth.
Mais ces gens de Nazareth qui nous étonnent, c’est aussi un peu nous parfois ! Quand nous avons du mal à remettre en cause notre connaissance de Dieu ! On peut penser que Dieu est vengeur ! Qu’il n’aime pas tout le monde ! etc.On peut se faire une image de Dieu qui corresponde à une idéologie, une classe sociale ! On peut tous se faire un Dieu à notre mesure, à notre portée, pas trop dérangeant. Je me souviens du témoignage d’un prêtre du diocèse, qui avait eu une altercation avec une paroissienne qui pensait être du bon côté dans l’Église… mais qui avait des propos xénophobes, dures avec les gens que ne pensaient pas comme elle. Le prêtre lui avait rappelé des paroles de Jésus à l’égard des pécheurs, des étrangers, des blessés de la vie…et d’ajouter qu’on ne peut pas arracher des pages de l’évangile parce qu’elles nous dérangent. L’Évangile de Jésus nous dérange et c’est normal, sinon ce n’est plus l’Évangile. Les habitants de Nazareth ont refusé d’accueillir les paroles de Jésus. Il les dérangeait dans leurs habitudes, leur schéma sur Dieu. Laissons-nous déranger par l’Evangile de Jésus, laissons-nous bousculer par les paroles et les actes de Jésus. Il vient nous mettre sur un chemin de vie, de bonheur. Avec lui nous allons de l’avant. Il nous met debout.Il nous fait grandir en humanité…

Disons au Christ Jésus les paroles du psaume 70, entendues tout à l’heure : «  Seigneur, ma forteresse et mon roc, c’est toi ! Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, mon appui. »Amen Abbé Guy Marzin