Homélie du père Guy Marzin pour le dimanche 17… Enregistrer au format PDF

Jeudi 21 février 2019
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Homélie du père Guy Marzin pour le dimanche 17 février 2019, à Guingamp. 6e dimanche du temps ordinaire, année : C. Évangile : Luc 6, 17.20-26

Dans les quatre évangiles nous avons deux versions des béatitudes : celle de Saint Matthieu que nous entendons tous les ans à la Toussaint, mais aussi pour d’autres occasions comme les baptêmes, les mariages, et également les obsèques… Il y a aussi la version de Saint Luc que nous venons d’entendre.

La version de Luc est peut-être plus rude, plus difficile à entendre. Il joue sur une opposition : « Heureux » – « Malheureux ». On voit bien que saint Luc vise des secteurs sensibles dans notre vie d’homme et de femme : la richesse, l’orgueil, la puissance. Les béatitudes de Saint Luc viennent nous questionner sur les choix que nous faisons. Elles sont là, dans l’évangile, pour nous aider à sortir du désert du moi, de l’égoïsme, du renfermement, pour nous permettre d’entrer en relation vraie avec Dieu et avec notre prochain. Jésus veut nous montrer le chemin d’une vie bonne, d’une vie réussie. Quand on est trop attaché aux choses d’en bas on se trompe de chemin de bonheur. Oui, Jésus dit« heureux » ceux qui ne sont pas encombrés de richesses à gérer, d’une réputation à entretenir, d’un égo qui prend toute la place. Si notre vie est tellement occupée à soigner notre moi, notre égo, nous ratons la cible du chemin du bonheur. Alors, pour avancer sur le chemin du bonheur selon l’évangile nous sommes tous invités à nous poser quelques questions :

  • Quelle est ma relation aux biens que je possède ?
    Sommes-nous des hommes et des femmes libres par rapport aux choses que nous avons ? Le pape François nous dit : « l’Évangile nous invite à reconnaître la vérité de notre cœur, pour savoir où nous plaçons la sécurité de notre vie. » (La joie et l’allégresse N°67)
  • Quelle est ma relation à ce que je consomme tout au long de l’année ?
    Si le ressort de ma vie est la course à la consommation, la course au dernier produit à la mode, je risque de tomber dans un engrenage ou je ne serai jamais totalement satisfait. Le pape François nous dit : « le consumérisme ne fait que surcharger le cœur ; il peut offrir des plaisirs occasionnels et éphémères, mais pas la joie. » (Ibid. N°128)
  • Quelle est ma relation aux autres ?
    On peut tous jouer un personnage, aimer être vu, considéré…Mais dans ce cas, ce n’est plus l’autre qui compte, mais moi, ma propre personne. Ici, je cite aussi le pape François : « Si nous nous occupons trop de nous-mêmes, nous n’aurons plus de temps pour les autres. » (Ibid. N°107) Ces questions, à partir de l’évangile de ce dimanche, ne sont une simple morale, mais une promesse. Oui, en vivant selon les béatitudes nous avançons sur le chemin tracé par Jésus. Nous mettons en œuvre « le ciel nouveau et la terre nouvelle » dont parle le livre de l’Apocalypse (21,1). Nous avançons sur un chemin de liberté intérieure et de sérénité. Nous avançons sur un chemin de bonheur.
    Que cette eucharistie que nous allons célébrer nous donne à tous le désir de vivre le chemin du bonheur tracé par Jésus. Amen.
    Abbé Guy Marzin, curé.